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Le syndrome du paradis : quand le repos devient angoissant

On l'attend toute l'année, et pourtant, dès les premiers jours de vacances, certains se sentent étrangement vides ou anxieux. Ce paradoxe porte un nom : le syndrome du paradis. Invité de RTL, Samuel Roux en décrypte les ressorts et ce qu'il révèle de notre rapport au repos.

On l'attend toute l'année. On l'imagine reposant, lumineux, libérateur. Et pourtant, dès les premiers jours de vacances, certains se sentent étrangement vides, anxieux, voire déprimés. Ce paradoxe porte un nom : le syndrome du paradis. Loin d'être anecdotique, il révèle quelque chose d'essentiel sur notre rapport au repos, à la performance et à nous-mêmes.

Quand l'arrêt devient angoissant

Pendant des mois, le rythme soutenu du travail tient debout : il structure les journées, occupe l'esprit, canalise l'énergie. Tant que l'on avance, on ne ressent pas ce qui se joue en arrière-plan. Mais lorsque la pression retombe brutalement, le premier matin de vacances, par exemple, le corps et l'esprit ne savent plus quoi faire de ce silence soudain. C'est souvent à ce moment que remontent la fatigue accumulée, les questions mises de côté, et une forme d'angoisse diffuse.

Le repos, paradoxalement, peut donc faire peur. Non parce qu'il est désagréable, mais parce qu'il met fin à la fuite en avant qui nous protégeait de nous-mêmes.

Ce que le « paradis » vient révéler

Le syndrome du paradis n'est pas une faiblesse : c'est un signal. Il dit quelque chose de notre fonctionnement, une difficulté à s'arrêter, une identité trop adossée à la performance, ou une charge intérieure que l'activité permanente masquait. Chez les personnes très investies professionnellement, dirigeants et cadres notamment, ce contraste est souvent le plus marqué : plus l'on tient par l'effort, plus l'arrêt est vertigineux.

Comment traverser ce moment

  • Anticiper la décompression, ne pas passer du plein régime à l'arrêt total en une nuit ; ménager une transition.
  • Accueillir ce qui remonte plutôt que de le fuir : la fatigue ou l'émotion qui surgit n'est pas l'ennemie, elle demande à être entendue.
  • Redonner un sens au repos, le repos n'est pas une absence d'utilité, c'est une condition de l'équilibre durable.
  • Consulter si le mal-être persiste, lorsque l'angoisse ou la déprime s'installe au-delà de quelques jours, un accompagnement permet de comprendre ce qui se rejoue.

Le syndrome du paradis nous rappelle que se reposer s'apprend, comme tout le reste. Et que ce qui surgit lorsque l'on s'arrête mérite, souvent, qu'on s'y arrête vraiment.

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